ÉVéNEMENTS

“Confluence des eaux et confluence des cultures” – Voyage annuel (2016) de DAAD Alumni France à LYON

28 au 30 octobre 2016

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“La ville de Lyon est caractérisée en grande partie par les deux grandes rivières qui la traversent, ou devrait-on dire trois ? La Saône et le Rhône arrivent dans cette ville, chacun avec son origine, son caractère, son histoire. Et puis ils confluent, se mélangent. Ce qui en sort est un Rhône qui n’est plus le même. Il a grandi en s’enrichissant de ce que caractérise l’autre rivière. Mais la confluence et Lyon, cela va nettement plus loin. Ainsi, déjà à l’époque de Jules César, Lyon était considérée comme la capitale des Gaules du temps de l’Empire romain, à savoir de la Gaule Belgique, de la Gaule Celtique et de la Gaule Narbonnaise, et les cultures de ces régions confluaient dans ce que s’appelait Lugdunum à l’époque.

La notion de confluence culturelle décrit aussi assez bien ce que vivent les boursiers du DAAD. Vivant leur histoire et leur culture dans leur pays d’origine, la rencontre avec l’autre pays, le séjour là-bas et la découverte de sa culture les changent. Ils portent toujours le même nom en rentrant chez eux, comme le Rhône quand il quitte Lyon, mais ils ne sont plus les mêmes car ils auront grandi, gagné en maturité et ouvert leur esprit vers l’autre culture.

Vu sous cet angle-là, le choix de la destination Lyon et d’un hôtel situé sur la Presqu’Île même, qui est encadrée par la Saône et le Rhône, à quelques mètres de la fameuse confluence de ces deux rivières, peut paraître aussi logique que symbolique pour un voyage d’étude des Alumni France du DAAD.
C’est chose faite avec cette troisième édition. Le programme très riche concocté par la présidente de l’association, Nadine Magaud, elle-même Lyonnaise d’origine, et le groupe de préparation sera l’occasion de revenir très souvent sur ce motif de la confluence, au sens le plus large du terme. Mais il y a bien d’autres raisons bien sûr pour se rendre à Lyon.

Une vingtaine d’Anciens se donnent donc rendez-vous dans cette ville, du 28 au 30 octobre 2016 pour cet évènement phare de la vie de l’association.

Cette année, le groupe est parfaitement équilibré dans plusieurs dimensions : autant de Français que d’Allemands, autant de femmes que d’hommes, autant de représentants des ‘sciences exactes’ (terminologie locale) que des ‘autres sciences’ (terminologie locale également)… Des conditions parfaites donc pour un weekend d’échanges riches dans une ambiance amicale et chaleureuse, des conditions parfaites pour des confluences dans tous les sens…

 

Vendredi 28 octobre

Le premier jour, vendredi 28 octobre, est placé sous le thème de la science et de l’économie. A partir de 11h, après l’accueil par la Professeure Anne Lagny de l’ENS Lyon, la première visite permet de découvrir, à travers de la visite de la bibliothèque Diderot la complexité de la vie académique et surtout des liens entre des institutions prestigieuses comme l’ENS Lyon et les universités Lyon 2 et Lyon 3. La confluence dans le sens de la mise en commun des ressources, la suppression de doublons dans les diverses collections etc. est certes amorcée, mais il reste encore un chemin à parcourir.

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L’entretien qui suit à l’ENS Lyon avec la Professeure Anne Lagny et quelques-uns de ses doctorants et collègues permet de découvrir la place des liens avec l’Allemagne au sein de cette institution. Parmi les étudiants étrangers, les ressortissants allemands sont les plus nombreux, et la demande pour des études germaniques est importante et en croissance. Cet entretien et les échanges avec les représentants de l’école se poursuivent avec un déjeuner en présence de la Directrice des relations internationales, Madame Séverine Bresciani, et du Président de l’ENS Lyon, Monsieur Jean-François Pinton.

En début d’après-midi, le groupe se sépare pour des visites d’entreprise. Alors que les uns partent sur le site Feyzin du groupe Air Liquide, les autres se dirigent vers Vénissieux sur le site de Renault Trucks où Monsieur Christophe Pastoret les accueille pour une visite du centre de distribution de pièces détachés des utilitaires légers du groupe Volvo. En effet, suite à une confluence financière et opérationnelle, les activités de Renault en matière de ‘trucks’ sont  maintenant intégrées dans le groupe Volvo. Le centre de distribution est responsable pour toute la zone EMEA (Europe, Middle East, Afrique). 80.000 références Renault Trucks et 30.000 références Volvo Trucks sont disponibles ici et prêtes à être livrées dans toute la zone sous 48 heures, et dans les cas urgents en 24 heures. Plus de 15000 lignes de commandes sont traitées chaque jour et expédiées par 30 à 35 camions quotidiennement afin de respecter les délais quel que soit le lieu de destination.

Il est assez surprenant d’apprendre que la logistique en entrepôt haut-bay est maintenant considérée comme inefficace et qu’une approche appelée ‘supermarché’ consistant à ce que les opérateurs se promènent entre les rayons en remplissant directement les cartons de leurs clients se révèle nettement plus efficace. Elle nécessite certainement une infrastructure IT extrêmement développée mais dont le coût est largement surcompensé par le fait que chaque pièce n’est plus manipulée qu’une seule fois, par rapport à au moins 5 fois avant – et cela dans des conditions d’ergonomie de travail nettement plus confortables pour les opérateurs. Les éléments cités ainsi que d’autres aperçus de la complexité logistique du fonctionnement d’un tel site avec ses contraintes commerciales particulières sont très impressionnants pour tous les membres du groupe.

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Vers 16h, c’est donc la réunification des deux groupes pour le départ vers une autre institution académique du plus haut niveau, l’INSA Lyon. Environ 1000 ingénieurs sortent chaque année de cette école, et le profil ‘appliqué’ de leur formation les rend particulièrement intéressants sur le marché de travail. Madame Aline Bel-Brunon, Maître de conférences au Laboratoire des Mécaniques des contacts et des structures introduit le groupe dans la nature de ses travaux de recherche qui se concentrent sur la mécanique des ruptures. Ces dernières sont générées par des pressions, des tractions, des variations des températures, ou une combinaison de leurs effets. Pendant des séries d’essais, les effets de ces actions sur les divers matériaux sont observés et analysés avec les outils les plus modernes afin de dresser un tableau complet de leurs caractéristiques, aidant ainsi aussi les entreprises à améliorer la qualité de leurs produits. Outre les informations passionnantes sur cette activité de recherche, Aline Bel-Brunon explique également le fonctionnement d’un programme de double-diplôme avec le Karlsruher Institut für Technologie (KIT). Il permet à une douzaine d’étudiants issus pour la moitié de chacune des deux institutions, de suivre des cours et de travailler ensemble pendant une période de plus de trois ans dans les deux pays respectifs. Un programme très bien intégré avec beaucoup de succès, et qui bénéficie d’ailleurs du soutien de l’Université Franco-Allemande.

Cette journée très dense mais extrêmement riche se termine le soir dans un lieu mythique de la gastronomie lyonnaise, la Brasserie Georges. Sous le slogan ‘Bonne bière et bonne chère’, celle-ci sert, depuis 180 ans, une excellente cuisine régionale dont le groupe découvre des aperçus comme le gâteau au potimarron avec œuf poché et tranches de magret de canard, ou bien le fameux saucisson pistaché avec sauce mâconnaise. Et tout cela accompagné bien évidemment d’un des excellents vins de la région. Bref, on sait cultiver l’art de vivre à Lyon… et grâce à ces ingrédients délicieux, les échanges et discussions se poursuivent pendant tout le dîner, et pour certains Alumni encore bien plus tard.

 

Samedi 29 octobre

La deuxième journée est dédiée en grande partie à la découverte de la Presqu’Île de Lyon, de son histoire, de sa beauté. Si cette partie de la ville avec une partie du Vieux Lyon coté Saône est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, c’est en grande partie à cause de la juxtaposition de nombreux styles de construction. Lyon n’a jamais détruit l’Ancien pour y construire du Neuf, mais a construit le Neuf à côté de l’Ancien, et cela se voit.

C’est Monsieur Gérald Gambier, spécialiste de l’histoire de l’art, photographe et éditeur, qui explique cela au groupe aux aurores du samedi matin, avant de l’emmener sur une promenade rafraîchissante de 3 heures pour découvrir la partie nord de la Presqu’Ïle, appelée Croix-Rousse. La visite part devant la façade du 14ème siècle de l’Hôtel de Ville, sur la place des Terreaux. Malheureusement, la célèbre fontaine Bartholdi n’est pas visible pour cause de travaux de rénovation. Cette fontaine devait initialement orner le centre de la ville de Bordeaux, mais se trouve maintenant à Lyon à cause du dépassement du budget pour sa fabrication – une problématique également connue de nos jours et une confluence de pratique à travers les époques qu’on pourrait juger ’pas indispensable’, mais bon…

Après quelques minutes de marche, le groupe atteint les premiers escaliers, façon lyonnaise d’appeler un escalier. La Montée de la Grande Côte conduit devant de maisons et immeubles de bien d’époques différentes – la diversité des styles est frappante.

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Plus loin, le groupe tourne à gauche dans une entrée d’immeuble, et découvre ce qu’est une traboule : un petit passage étroit créant un lien assez rapide entre deux rues voisines. Souvent pas visibles de l’extérieur car cachées derrière des portes d’entrée tout à fait classiques, il y en aurait environ 800 à Lyon. Une grande partie d’elles abritent, dans leur centre, de merveilleux escaliers ouverts, issus de styles architecturaux aussi diversifiés que les styles de façade des immeubles côté rue. Avant de redescendre dans la ville basse, le groupe s’arrête un instant près d’un témoin de l’histoire romaine de Lyon : l’Amphithéâtre des Trois Gaules. C’est également un endroit avec une très jolie vue sur la colline de la Fourvière avec sa majestueuse basilique, ainsi que sur le sud de la presqu’île en direction de la confluence de Saône et Rhône.

En descendant, le groupe s’arrête à l’Atelier de soierie pour y découvrir la technologie de coloration de la soie. C’est à Lyon qu’a été inventé, en son temps par les frères Lumières, s’appuyant sur leur technologie de la photogravure, la technologie du cadre plat dit « cadre lyonnais ». Un cadre d’environ 1 m2 sert de moule pour imprimer exactement une couleur sur la soie. Plusieurs couleurs nécessitent donc la superposition d’autant de cadres sur exactement les mêmes positions afin de donner au produit final le caractère lumineux de sa coloration. Une technique très lourde et exigeante mais avec des résultats de beauté frappants.

Après quelques achats de soieries pour certains, le groupe se dirige vers son point de départ, l’Hôtel de Ville, mais cette fois vers son côté est, avec la façade datant du 13ème  siècle – l’histoire de la construction de cet édifice ayant connu des retards, des rebondissements et de mauvaises surprises comme nous les retrouvons encore aujourd’hui. C’est également l’occasion de découvrir l’Opéra de Lyon. Un merveilleux bâtiment dont seuls les murs extérieurs sont encore d’origine du 18ème siècle. A l’intérieur c’est un bâtiment entièrement neuf à environ douze étages dont la plupart se trouvent au sous-sol y compris les 4 salles de représentation. Le plus surprenant de l’extérieur est le grand toit noir arrondi qui s’éclaircit en rouge pendant la nuit ce qui conduit certains Lyonnais à appeler ce bâtiment le Grille-pain de Lyon…

En début d’après-midi, une expérience de confluence de cultures toute particulière débute à l’Institut Goethe de Lyon. Aux membres du groupe des Alumni France se joignent des anciens lecteurs, des boursiers actuels et anciens pas encore membres de l’association pour passer un après-midi ensemble. Une quarantaine de personnes suivent ainsi une série de petites conférences consacrées aux activités du DAAD en général et particulièrement à Paris, par Mmes Christiane Schmeken et Lotta Resch, ainsi qu’aux activités de l’association DAAD Alumni France, par sa présidente Mme Nadine Magaud et son vice-président M. Georg Dietze.

dsc_4032dsc_4034dsc_4036 © Carsten Döll

Enfin, Mme Noga Mishliborsky présente le réseau social Alumniportal Deutschland qui s’adresse à toute personne ayant passé un séjour d’études, de travail ou de  recherche en Allemagne à un moment donné. Ce réseau compte plus de 100 000 inscrits et souhaite mettre en contact les alumni ainsi définis, avec les entreprises, organismes ou particuliers intéressés par ces profils – une excellente opportunité pour les alumni de faire connaître et de valoriser leur double compétence culturelle et universitaire.

dsc_4038© Carsten Döll

Vers 15h30, le groupe ainsi agrandi se sépare en quatre petits groupes pour des promenades thématiques à travers Lyon. ‘Flânerie dans le Vieux Lyon’, ‘Promenade du côté de la Saône dans le quartier d’Ainay’, ‘Balade dans le nord de la presqu’île : de Bellecour à Croix-Rousse’ et ‘Au fil de la Saône et du temps : déambulations dans la Presqu’île et le Vieux Lyon’ sont les thèmes de ces promenades, d’une durée de 3 heures environ, et elles sont toutes proposées et animées par des Anciens du DAAD qui n’ont vraiment pas ménagé leurs forces et leurs esprits pour faire découvrir à leurs hôtes le plus beaux coins de Lyon. C’est aussi une très belle occasion pour faire connaissance entre les participants, pour poser de plus amples questions sur le DAAD, les Alumni et leurs activités, et aussi pour traverser d’autres traboules, découvrir de prestigieuses églises, découvrir la vie vibrante du centre de la Presqu’Ïle un samedi après-midi etc…

La confluence des cultures continue vers 18h30 à l’Institut Goethe quand les promeneurs des quatre groupes se retrouvent et  sont rejoints par d’avantage de personnes en lien amical avec le DAAD et les Alumni France : d’avantage d’anciens et actuels boursiers, des représentants d’institutions universitaires en relation avec le DAAD, et d’autres intéressés par les activités de cette organisation. Une audience d’une soixantaine de personnes s’apprête à passer la soirée ensemble. M. Klaus Ranner, Consul général d’Allemagne à Lyon et M. Joachim Umlauf, Directeur de l’Institut Goethe à Lyon honorent cette manifestation de leurs présences respectives et adressent des mots de bienvenue à l’audience. Ils sont suivis par Mmes Christiane Schmeken et Nadine Magaud au nom du DAAD et de DAAD Alumni France.

La réception qui suit est un très bel exemple de confluence réussie : comme lors des promenades de l’après-midi, le ‘courant’ passe immédiatement entre tous les convives. Soutenus par la qualité irréprochable des mets, les échanges entre les uns et les autres s’installent rapidement. Une ambiance amicale et chaleureuse règne tout au long de la soirée, et la plupart des invités restent jusqu’à la dernière minute pour profiter de ce beau moment d’échanges. Notamment les actuels et anciens boursiers et lecteurs du DAAD résidant dans la zone Rhône-Alpes apprécient beaucoup d’être ainsi intégrés sur place dans les activités du DAAD. Ce soir aussi, les échanges se prolongent tardivement dans les si nombreux et accueillants bars et autres établissements de la Presqu’Ïle de Lyon.

 

Dimanche 30 octobre

C’est le dernier jour de ce voyage et c’est enfin l’occasion de découvrir la ‘vraie’ confluence locale, celle de la Saône et du Rhône, à travers la visite du Musée des Confluences et de ses  environs. Départ donc vers 9h30 en direction de ce bâtiment plus que surprenant, à la pointe sud de la Presqu’Ïle de Lyon. Il est conçu en trois segments : le Socle (en béton), le Cristal (en verre, notamment la zone d’entrée) ainsi que le Nuage (structure métallique et en inox, c’est l’espace des expositions). Une expérience tout à fait particulière, avec des vues éblouissantes, et la descente de la rampe hélicoïdale dans la zone Cristal, autour du Puits de Gravité servant d’appui central pour soutenir le Nuage et stabiliser le Cristal.

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Le musée ne se comprend pas comme dédié à la confluence des deux courants voisins, mais se consacre au thème de la confluence des cultures au sens plus large du terme. Ainsi, chaque thème des salles d’exposition est illustré par des exemples de différentes cultures. Les quatre salles d’expositions permanentes sont consacrées aux thèmes Origines, Espèces, Sociétés, Eternités respectivement. Chaque thème est approfondi avec des sous-thèmes et surtout avec des illustrations plus surprenantes les unes que les autres. La salle Sociétés est donc subdivisée selon trois capacités des sociétés, à savoir Organiser, Echanger et Créer. Dans la section Organiser, on trouve une énorme diversité d’objets illustrant cette capacité des sociétés à s’organiser comme ceux d’aborigènes Australiens à organiser leur vie, ceux de militaires Japonais pour mettre en œuvre leur stratégie, ou ceux de religieux Tibétains pour bien vivre leur croyance.

C’est dans ce contexte que l’Arbre des espèces nous rappelle que l’Homme est une espèce comme une autre mais se caractérise par la complexité de ses relations sociales, de ses langages et de ses émotions.

Ainsi sont conçues toutes les sections et toutes les salles d’exposition, permanentes et temporaires. Une diversité stimulante et présentée de façon très pédagogique qui semble faire le bonheur des visiteurs, et aussi des plus jeunes des visiteurs qu’on compte nombreux dans ce musée.

La majorité de notre groupe profite du temps libre après la visite guidée pour prolonger la visite du musée, soit en revenant vers l’exposition permanente, soit en découvrant les expositions temporaires, celle dédiée à la Danse notamment. D’autres profitent du temps libre pour découvrir les environs, notamment le parc autour du musée qui mène directement vers la confluence de Saône et Rhône, ou pour traverser le très beau pont Raymond Barre en direction de la Foire aux Vins, en cours ce weekend à la célèbre halle Tony Garnier, ou bien pour juste prendre un burger Noir Halloween au ‘Burger de Papa’ en face de cette fameuse halle.

Nourris et renforcés de ces expériences et découvertes proposées par le Musée des Confluences, le groupe DAAD se dirige vers 14h en direction du port ‘Confluence’, à 15 minutes à pied environ du musée, mais dont le nom ne s’appuie pas sur celui du musée mais sur celui de l’énorme centre commercial à proximité de ce musée. C’est de là que part le bateau-navette ‘Le Vaporetto’ dont l’objectif est de relier ce centre commercial avec le centre de la ville de Lyon.

Après quelques minutes de trajet aussi calmes que romantiques sur la Saône, le groupe descend à Bellecour pour traverser la Saône à pied – via le pont Bonaparte – en laissant de côté la très pittoresque buvette du même nom – pour s’engager ensuite dans le Funiculaire 1 qui le mène vers le haut de la colline de La Fourvière, véritable nid du Lugdunum Romain (Lyon).

C’est en sortant de la station que s’ouvre la vue sur la très célèbre basilique de La Fourvière. Visible de tous les environs, elle doit son existence au vœu de la population de Lyon que les troupes Prussiennes épargnent leur ville pendant la guerre 1870-71, et s’engageant à édifiant une basilique à cet endroit si leur vœu était exaucé. Ceci ayant été le cas, la basilique a été construite. La visite de l’intérieur ne génère pas de retours unanimes, certains trouvant le décor trop lourd ou surchargé – le mieux sera de venir se faire sa propre idée, cela vaudra le déplacement.

A quelques pas de la basilique se trouve un autre highlight de Lyon, issu pourtant d’une toute autre époque : le musée gallo-romain avec les théâtres gallo-romains : l’Amphitéâtre et l’Odéon. Conçu par l’architecte Bernard Zehrfus, l’architecte également de l’immeuble UNESCO à Paris, le bâtiment en lui-même est déjà une surprise. Il est en parfaite osmose avec le site archéologique de l’amphithéâtre  et du théâtre, au point d’être enfoui sous terre sur cinq étages à un endroit où, pendant très longtemps, il semblait impossible de construire. Le musée abrite toutes les pièces de la vie lyonnaise en lien avec cette époque gallo-romaine, soit les origines de la ville.

Outre de nombreuses pièces de bâtiment et de décoration, on y apprend beaucoup sur l’histoire de Lugdunum et de son importance. La collection de ce musée, avec des pièces comme un corps de pompe romaine (retrouvé en 1975 lors de la construction du métro, à 6 mètres sous la terre) ou un four de potier prélevé en 1965 sur un site archéologique du 1er arrondissement de Lyon, témoignent de la vie et de ces conditions à cette époque.

La visite se poursuit avec une promenade dans l’amphithéâtre et se termine par une séance de photo de groupe, tout juste avant le coucher du soleil.

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C’est maintenant l’heure de rentrer, de façon plus urgente pour certains que pour d’autres, certains ayant l’occasion de ‘débriefer’ du voyage au tour d’un verre sympathique à la brasserie de l’hôtel.

 

Conclusion – Epilogue

Comment conclure ce voyage, avec des expériences si riches, si différentes, si diversifiées – quel est l’output ?

Tout d’abord, sur le plan plus opérationnel, au-delà de ce qui est mentionné plus en amont, nous apprenons que :

  • Un fleuve se jette dans la mer, mais pas une rivière. C’est pour cela que la Saône est une rivière et que le Rhône est un fleuve.
  • C’est le plus court des courants qui se jette dans l’autre, et pas l’inverse. C’est la raison pour laquelle c’est la Saône qui se jette dans le Rhône, et pas l’inverse. Désolé Saône, avec une source un peu plus en amont, cela aurait pu marcher de rejoindre Marseille et la mer Méditerranée… Le Rhône étant plus long avant la confluence, c’est donc lui qui porte le nom des eaux se dirigeant vers le Sud en sortant de Lyon…
  • Après une très longue journée, remplies d’expériences et découvertes, également éprouvante physiquement avec beaucoup de marche dans des conditions pas toujours propices côté météo, le sentiment de se sentir protégé et à l’abri en rentrant à l’hôtel tard le soir peut être trompeur. Même la dernière marche du dernier escalier à monter peut se révéler obstacle, surtout en combinaison avec un sac à bandoulières rempli de bouteilles. Veuillez penser à un jeu de vêtements de secours…
  • Ce n’est pas parce que ce que c’est le passage à l’heure d’hiver que les voyageurs se pointent en avance aux rendez-vous, plutôt le contraire…
  • Dans certaines cultures, l’annonce du départ d’un voyage à 14h signifie que le départ se fera ‘au plus tard à 14h’, dans d’autres ce serait ‘au plutôt à 14h’ et dans autres cela pourrait être ‘autour de 14h – on verra bien’. Les voyageurs sont invités à se renseigner sur la culture en vigueur, surtout en voyageant dans un groupe à confluences culturelles multiples comme celui du DAAD Alumni France.
  • Ce n’est pas parce qu’on arrive à Lyon-Perrache qu’on en repart. Cela peut aussi être Lyon Part-Dieu. Merci SNCF pour cette animation des esprits – il ne manquait plus que cela à quelques minutes du départ retour. Gare aux automatismes – à chacun de vérifier ses billets, car sinon, la fin du voyage peut devenir assez sportive…

De façon plus générale, l’association DAAD Alumni France a bien évolué pendant ce voyage. Les membres habituels et les nouveaux membres participants ont pu créer des contacts prometteurs ou approfondir ceux qui existaient, et cela dans une ambiance très chaleureuse. Tous les membres ont pu profiter de l’occasion pour partager leurs convictions et connaissances. On a beaucoup appris pendant ces trois jours, sur l’histoire de cette ville située à la confluence entre le Nord et le Sud, sur la vie universitaire et économique, sur la et les culture(s) à Lyon, sur les activités des institutions et des amis germanophones de la région. Un très bel échange et beaucoup de beaux moments passés ensemble. L’association a initié des liens très prometteurs avec d’anciens et d’actuels boursiers du DAAD de la région Lyonnaise, avec l’envie de créer une antenne Lyonnaise et renforcer ainsi l’activité de l’association dans la région Rhône-Alpes.

L’association ainsi que tous les participants rentrent grandis et enrichis de ce voyage à Lyon, comme c’est le cas pour le Rhône quand il quitte cette ville. Une confluence, voire des confluences  pleinement réussie(s).

Un très très grand merci à tout le comité d’organisation pour l’excellente préparation, jusque dans les moindres détails, de ce séjour si riche, si réussi.

Et rendez-vous en automne prochain à Leipzig – en espérant que la météo à Leipzig soit moins exceptionnel par rapport à celle du reste de l’Allemagne qu’elle l’était ce weekend à Lyon par rapport au reste de la France.”

 

Wolfgang Dick